« On vous surveille. Le gouvernement possède un dispositif secret, une Machine. Elle vous espionne jour et nuit, sans relâche. Je le sais, parce que c’est moi qui l’ai créée. Je l’avais conçu pour prévenir des actes de terrorisme, mais la Machine voit tout, tous les crimes impliquant des citoyens ordinaires, tels que vous… Des crimes dont le gouvernement se désintéresse.
Alors, j’ai décidé d’agir à sa place, mais il me fallait un associé, quelqu’un capable d’intervenir sur le terrain. Traqué par les autorités, nous travaillons dans l’ombre. Jamais vous ne nous trouverez, mais victime ou criminel, si votre numéro apparaît, nous, nous vous trouverons ! »
Suite aux attentats du 11 septembre, Harold Finch et Nathan Ingram ont conçu et développé dans le plus grand secret un système pour le Gouvernement des États-Unis. Ce programme, ou « La Machine » comme ils l’appellent, permet de détecter les complots terroristes ou les événements dangereux de grande ampleur en analysant l’ensemble des données fournies par les caméras de surveillance, les appels téléphoniques et les e-mails, sans que la population ne le sache.
La Machine trie ce qui est pertinent (terrorisme) de ce qui ne l’est pas (tout le reste), et détruit chaque jour les données superflues. Finch a réalisé un peu tard que ces données jugées par le Gouvernement comme non pertinentes, contenaient des numéros de sécurité sociale qui appartenaient à une victime ou bien à un assassin. Il décida alors de pirater la Machine pour récupérer les numéros et sauver les victimes.
Une poignée de personnes seulement étaient au courant de l’existence de cette machine, et depuis, la plupart sont morts de manière « accidentelle »… Finch est alors entré dans la clandestinité afin de rester en vie.
Ne pouvant agir seul, il a rallié à sa cause un ancien soldat des forces spéciales, ex-agent paramilitaire de la CIA, pour aider tous ces gens.
Expert en maniement des armes et en combat à mains nues, John Reese a effectué des missions top-secrètes pour la CIA : assassinats, filatures, manipulations… Pour la sécurité de la nation, il naviguait dans des eaux très troubles… jusqu’au jour où une rencontre avec une femme changea sa vie.
Mais cette personne lui fût enlevée et, présumé mort, il passa une partie de sa vie à errer avant de reprendre pied grâce à Finch.
Victime ou coupable ? Ils vont devoir mener l’enquête pour découvrir qui est en danger et empêcher qu’un nouveau meurtre soit commis !
Cependant, les anciens employeurs de Reese, ainsi que l’inspectrice Joss Carter de la Police de New York, les traquent. Finch et Reese peuvent toutefois compter sur l’aide d’un inspecteur anciennement véreux, Lionel Fusco, pour leur fournir des informations et garder un oeil sur cette dernière…
Ce qui commence comme une série policière classique (« le numéro de la semaine ») se transforme rapidement en une guerre technologique épique entre deux IA : La Machine (bienveillante mais limitée par Finch) et Le Samaritain (une IA autoritaire et sans limites morales).
Un casting excellent, une réalisation efficace, des scènes d’action pêchues tout en restant sobres, des flashbacks savamment distillés, des flics corrompus, des mafieux ou de méchants agents du Gouvernement, « Person of Interest » est une petite perle à la « Minority Report » qui appâtera l’amateur du genre.
À noter que la série est produite par J. J. Abrams bien connu pour son travail dans les genres de l’action, du drame et de la science fiction : Felicity, Alias, Lost – Les Disparus, Fringe, Revolution mais également les films Star Trek, Super 8, Mission impossible 3, Cloverfield…
Pourquoi la série est culte aujourd’hui ?
En cette ère où l’Intelligence Artificielle générative est devenue notre quotidien, la série créée par Jonathan Nolan (le frère de Christopher Nolan) est passée du statut de « fiction de science-fiction » à celui de prophétie sociale.
- La surveillance globale : La série a anticipé les révélations d’Edward Snowden sur la NSA. Aujourd’hui, avec la reconnaissance faciale et l’analyse de données de masse, Person of Interest ressemble à un documentaire sur notre présent.
- L’éthique de l’IA : Les débats entre Finch et La Machine sur la liberté individuelle face à la sécurité algorithmique sont les mêmes que ceux que nous avons aujourd’hui concernant la régulation des IA.
- L’écriture de Jonathan Nolan : On y retrouve les thèmes chers à l’auteur (que l’on a revus dans Westworld ou Fallout en 2024) : l’identité, la mémoire et la perte de contrôle de l’humain face à sa propre création.
La série a été arrêtée après 5 saisons non pas par manque d’audience, mais parce que CBS ne possédait pas les droits de production (appartenant à Warner Bros), ce qui rendait la série moins rentable pour la chaîne malgré son succès critique.